Nuits d’Afrique 2012 en bref: l’appel du désert et au métissage

Posted on août 4, 2012

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Il y a une semaine que l’édition 2012 du Festival Nuits d’Afrique a pris fin. Et dire qu’il m’a fallut quitter l’Afrique pour découvrir sa musique à travers l’un des festivals les plus métis de Montréal. Folklore de l’Afrique de l’Ouest, rythmes endiablés de l’Amérique latine et musique arabe, tout est mis en œuvre pour séduire les festivaliers.

L’ouverture du Festival: l’appel du désert

Gnawa Diffusion

Gnawa Diffusion, Source: Zoom Algerie

Gnawa Diffusion m’a par contre fascinée. Un subtile mélange de musique de l’Afrique de l’Ouest et des rythmes d’Afrique du Nord. La première chanson que le groupe a interprétée m’a semblé être Foungoro, une chanson de Hamid El Gnawi qui hante mon mp3. La musique de Gnawa Diffusion est chargée d’histoire, elle s’inscrit dans une lignée de chanteurs qui veulent conserver leur culture par la musique dite Gnaoua.

En fait, les Gnaouas sont un groupe ethnique vivant au Maghreb mais qui descendent d’anciens esclaves noirs (Sénégal, Mali, Soudan, Ghana…). Ils se sont établis au Maghreb après y avoir été amenés pour les travaux et les bâtiments des palais et le renforcement des armées.

La musique de Gnawa Diffusion est donc le résultat d’un métissage réussi. Une note de révolte comme en témoigne un soupçon de reggae, les lamentations communes au chants maghrébins mais aussi la même cadence que les touaregs amoureux du désert. Leurs chansons sont venues chercher quelque chose au plus profond de moi. J’ai ressenti un abandon similaire l’année passée en écoutant Bombino, un groupe touareg originaire de la Guinée. « L’appel du désert » c’est ainsi que j’ai qualifié ce fort sentiment de voyager à travers quelques notes.

Fermeture du Festival

Heavy Soundz, Nuits d'Afrique

Heavy Soundz, Nuits d’Afrique

Ambiance latino urbaine

L’une des prestations-phare de la soirée fut celle du groupe latino-montréalais Heavy Soundz. Heavy Soundz est un curieux cocktail de musique latino pimenté d’influences hip-hop urbaines. De plus, la danseuse du groupe portait de magnifiques jupes flamenco, ce qui donnait au concert un petit côté traditionnel qui contrastait bien avec les rythmes urbains.

Musique des îles mais pas des cocotiers

Pour la clôture du festival, j’étais curieuse de découvrir la musique de Tiken Jah Foly. Malheureusement, son concert a été annulé pour une bête histoire de visa. Cela reflète bien les problèmes que rencontrent beaucoup d’africains…

Dub Inc

Dub Inc, Source:  Site des Nuits d’Afrique

Finalement, le groupe Dubé Inc a été choisi pour clôturer le festival. Je ne suis pas mordue de reggae mais je me suis laissée séduire par le charisme et le talent de Dub Inc. J’ai assisté a pas mal de concerts dans ma vie et celui là était l’un des meilleurs! Le groupe aborde surtout les problèmes d’immigration et de discrimination, des thèmes qui enflamment la France, mais ils le font avec rythmes.

La composition même accentue le fait que la France est multiculturelle malgré elle. Un des chanteurs est d’origine algérienne (Hakim Meridj qui est kabyle mais pas arabe) et l’autre chanteur (Aurélien Zohou) est noir. Le mélange black/beur à son meilleur!