Grève étudiante au Québec: ça parle plus français qu’anglais?

Posted on juin 16, 2012

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Depuis le début de la grève étudiante au Québec, j’ai la forte impression que la grève est plus populaire auprès des francophones que des anglophones. On dirait que cette grève est devenue un symbole d’affirmation pour les franco-québécois.

Couverture médiatique sur la grève

Lorsque je suis les médias francophones comme Radio-Canada, j’ai l’impression que le Québec tout entier est en faveur de la grève étudiante. Les médias anglophones du Québec sont plus ou moins neutres mais il suffit de lire les commentaires des internautes anglophones pour se rendre compte que la population anglophone cache mal son mépris pour les grévistes qu’on associe essentiellement à la population franco-québécoise.

Pour certains médias anglophones du reste du Canada, les étudiants québécois sont des enfants gâtés et naïfs. Par exemple dans un article du journal anglophone The Globe And Mail les étudiants québécois sont encouragés à observer le mouvement étudiant en Chili pour se mettre en perspective. Ce journal basé à Toronto estime que les revendications des étudiants chiliens sont plus justifiés que celles des étudiants québécois qui bénéficient déjà de frais de scolarité abordables.

Les administrations universitaires et pré-universitaires

Même si les étudiants de l’université anglophone Guy Concordia ont massivement voté pour la grève étudiante, l’administration de Guy Concordia (ainsi que celle de McGill College) ont prévu des sanctions contre les étudiants qui font du piquetage sur les campus. Ces deux universités anglophones ont pris des positions complètement à l’opposé des universités francophones.

Par opposition, plusieurs professeurs dans les universités francophones n’ont pas caché le soutien qu’il porte aux étudiants grévistes (voir le site Les profs contre la hausse comme exemple). D’ailleurs les étudiants les plus engagés proviennent des établissement majoritairement francophones, l’UQAM (l’Université du Québec à Montréal) et l’UDEM (l’Université de Montréal).

Lutte contre la hausse ou contre le capitalisme américain?

Les anglo-québécois ne montrent pas le même engouement pour la grève étudiante que les franco-québécois.

J’avais remarqué qu’en général les anglo-saxons s’intéressent plus à la rentabilité et au commerce, ce qui peut expliquer pourquoi la hausse ne les dérangent pas autant que les francophones.
Je remarque aussi que les franco-québécois cherchent à affirmer leur identité parce qu’ils en ont marre de se sentir tout petit face au Canada anglophone et à son cousin qui est l’Amérique toute puissante. Je crois que cette grève n’est pas seulement contre la hausse des frais de scolarité mais également contre le capitalisme nord-américain et ses festivités extravagantes (la formule 1 et la tenue des festivals montréalais).

Comme tout le monde, j’attends avec impatience la fin du conflit. Je ne suis pas capitaliste, ni socialiste ni rien d’autre se terminant en -iste. Je suis simplement triste. Une étudiante triste et bilingue.