Natacha Atlas: une brise Afro-Européenne en Amérique

Posted on octobre 30, 2010

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Nuits africaines

Il y a peu, j’ai reçu une invitation sur Facebook par « Nuits d’Afrique » pour assister au spectacle de Natacha Atlas à Montréal. Natacha est une métisse anglo-égyptienne ayant quelques gouttes de sang juif.
Formée par des séjours en Belgique, en Angleterre et en Turquie, elle incorpore plusieurs influences dans ses chansons – un peu d’underground, de rap, de R&B mais surtout beaucoup de sons arabes. C’est le genre d’artistes dont les albums atterrissent dans la section « Monde » parce qu’on ne sait pas trop comment qualifier son style.
Vu que je ne pourrais pas aller à son concert, je me suis consolée en écoutant « MistaNeek », une chanson extraite de son troisième album. J’ai fermé les yeux et je me suis rappelée une belle époque.

Natasha Atlas capture 3La musique de Natacha me rappelle Iman, une bonne amie de ma mère qui venait d’Égypte et dont la fille allait à la même maternelle que moi. Chaque fois que j’entends des mélodies faites d’oud ou de rabab, je pense toujours à ces goûters d’après-midi – ou à ces soirées chaudes sous les tropiques dans les restaurants français. Les rires fusaient parce qu’on était en bonne compagnie et parce que la nourriture était toujours savoureuse. La plupart des chansons de Natacha me pousse vers cette quête de souvenirs insaisissables, ces souvenirs d’enfance enfouis sous les sables d’un pays tropical et coloré.

En parlant de couleurs, Natacha n’en manque pas; ni dans ses vidéos, ni dans lors de ses concerts.

Deux entités différentes ont toujours coexisté en  moi: Arabe et Européenne. Quand j’étais jeune j’ai décidé d’ignorer le côté arabe, celui de mon père, parce que ça faisait étranger. Mais quelque chose m’est arrivé vers la fin de mon adolescence. J’étais dans une boîte de nuit à Bruxelles et j’ai entendu de la musique arabe et je savais qu’il y avait quelque chose en moi que je voulais retrouver. J’ai fini par tomber dans l’autre extrême mais en grandissant on réalise qu’on a un peu des deux en soi. C’est ainsi que Dieu m’a faite. Ces temps-ci, je rêve en deux langues et il n’y pas un jour qui passe sans que je ne parle arabe.

Peu reconnue en Angleterre, elle a fait un malheur en France lorsqu’en 1998, elle reprend la chanson « Mon amie la rose », un classique français revisité avec des sonorités orientales.

En 2005, elle déclarait: « Je veux rendre la musique arabe acceptable pour les européens. » Cette mission ne l’a pas empêchée de rester fidèle à ses origines tout évitant un style purement commercial.
La chanson « Ya Laure Hobouki » figurant sur Mounqaliba, son dernier album, est un bel exemple de compromis entre un style latino-européen et un soupçon de mélodies arabes.

On retrouve également sur Mounqaliba, des pièces plus classiques et accoustiques. Par exemple la reprise de « River Man » ne trahit pas autant ces mêmes influences orientales qui lui ont valu ses premiers moments de gloire.

Qu’on se contente de ses vieux disques ou qu’on a adopte son nouveau style une seule chose compte, c’est que la diva n’ait pas perdu sa voix.
Je souhaite donc beaucoup de plaisir à ce qui iront la contempler sur scène, que se soit à Montréal, à New York ou partout ailleurs dans le monde.

Je vous laisse sur ces quelques notes…

Ne me quitte pas
Version de Jacques Brel via Youtube
Version de Natacha Atlas via Youtube

Mon amie la rose
Version de Françoise Hardy via Youtube
Version de Natacha Atlas via Youtube

Extraits de l’album en écoute libre sur le Myspace officiel.

Crédit photo:
Alter Musica
SanFrancisco Herald