Imprimés africains et pagnes: pacotille ou radinerie?

Publié le juin 29, 2010

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Jeudi de la semaine surpassée, je me suis précipitée à la Place-des-Arts de Montréal où j’ai attendu 3 à 4 longues heures le concert d’Angélique Kidjo. Dès qu’elle a mis le pied sur scène, j’ai remarqué qu’elle portait ce que j’ai toujours appelé un pagne. J’ai par la suite appris que l’appellation exacte est plutôt pagne wax imprimé. Peu en importe le nom, la voir porter ce genre d’habits – elle une diva de renommée internationale – m’a laissée pensive.

Les imprimés font bon marché

Je n’ai jamais porté un pagne de toute ma vie. Je ne suis même pas sûre savoir ce que c’est. Pour moi le mot "pagne" désigne ces vêtements africains faits d’imprimés. (J’ai par la suite appris que pagne est plutôt le nom qu’on donne à la façon d’attacher un vêtement).

J’ai toujours dit qu’un jour je rendrais à mes cheveux la liberté d’un afro rebelle et que je mettrais un habit fait de couleurs imprimées mais je ne l’ai jamais fait. Je ne peux pas.
J’ai grandi entourée d’une élite qui pensait que le pagne et les tissus imprimés sont le symbole d’une Afrique qui a raté son intégration selon les termes dictés par le monde occidental.

Ce lavage de cerveau m’a fait croire que revêtir un pagne signifiait porter la pauvreté, la misère ou le manque d’éducation, tout ça sur de frêles épaules.

Une africaine vendant du piment au marché T.iré du clip "Safari" de Mokobé et Viviane N’Dour

En Afrique, les pagnes se vendent comme des petits pains. N’importe qui peut acheter un tissu imprimé et se le faire coudre par un tailleur bon marché. C’est un moyen abordable et élégant de remplir sa garde-robe.

Mais les pagnes sont comme les saris, les hijabs ou les kimonos; ils peuvent avoir l’air cheap ou chic.

Laissez moi donc répéter: les couleurs imprimées ne font pas bon marché

La chanteuse américaine Solange Knowles m’a fait révisé mon opinion sur les motifs africains. Récemment plusieurs blogs ont publié une photo d’elle portant un robe simple mais stylée. Alors que je me demandais sur quelle planète elle avait déniché des fringues aussi rafraîchissantes et non conventionelles, j’ai découvert une petite panoplie de designers qui marient le style traditionnel africain avec des tendances modernes.

1. Maya Lake: Le NY Times recommande l’achat d’articles de Boxing Kitten, une ligne de vêtements créée par Maya Lake. Telles que vues dans plusieurs magasines, ses créations ont été portées par plusieurs célébrités.
J’aurais bien aimé voir moins de chair et plus de motifs mais je dois concéder à Maya son goût pour le dosage frappant de couleurs vibrantes.

Solange Knowles

DJ Rashida

Beyoncé Knowles

Alicia Keys

Solange Knowles (bis)

Vous en voulez plus?
C’est encore mieux quand on s’aperçoit que ce n’est pas réservé qu’aux blacks. Fergie des Black Eyed Peas n’a pas peur des contrastes. Voici sa pause Boxing Kitten:

Pas encore convaincu(e)s? Voici deux autres designers.
2. JuneShop: Jetez d’abord un coup d’œil sur les chef d’œuvres de JuneShop une ligne confectionnée par deux designers, Julie et Nellie. Elles font la promotion de la diversité en incluant des mannequins qui ne sont pas noires… J’aime bien.

JuneShop

White model wearing JuneShop.

JuneShop

JuneShop

Encore plus?
3.MYSISTERMADEIT Voici une autre mannequin blanche portant du MYSISTERMADEIT, une marque dont la fondatrice Frances vient de la Grande-Bretagne.

White model wearing Mysistermadeit.

Mysistermadeit.

Ce plaisir visuel est addictif. Plus de célébrités avec les habits imprimés..

Victoria Rowell (2ème photo, 1ère ligne) va plus loin en portant une robe à l’effigie d’Obama. C’est très africain d’imprimer la photo d’hommes politiques sur ses habits.

Verdict: Au début je ne voulais pas acheter de pagnes ou d’habits à couleurs imprimées parce que je trouvais que c’était cheap. Maintenant c’est parce que je suis trop cheap pour m’en payer un beau. La honte… (Ah oui j’ai oublié que ces habits là ne sont pas toujours donnés)

Allez, on ferme avec une galerie de la marque Vlisco.

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