Fefe sur Rihanna: y a pas photo!

Posted on septembre 2, 2009

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Depuis le lancement de l’album Good Girl Gone Bad, Rihanna, la chanteuse dance hall s’est métamorphosée en star de rock sous l’œil ravi de ses fans. La jeune femme insiste que ce changement radical illustrait sa volonté de se rebeller contre le style manufacturé à la Beyoncé dans lequel ses producteurs la confinaient. Le seul hic c’est que beaucoup d’autres ont relevé dans son nouveau style une frappante similarité avec l’attitude rock de Fefe Dobson qui était signée sous le même label que Rihanna à une certaine époque.

Alors que Rihanna est une magnifique barbie exotique, Fefe est plutôt un artiste « un peu » excentrique et pas à fond dans le style commercial. > » />Lorsque Fefe Dobson émergea avec cette coupe en 2005, elle ne remporta pas le succès escompté. Au lieu de cela, elle se sépara de sa maison de disques, Def Jam dont Jay Z occupait les fonctions de président à l’époque.  De plus, son album Sunday Love qui a connu malgré tout de bonnes critiques n’a jamais pu atteindre les bacs. Malgré quelques concerts pour la promotion de cet album, Fefe a tout simplement dû abandonner ce projet.

Quant à Rihanna, quelques 2 ans plus tard, on la retrouve arborant le fameux « bob » qui connaîtra un succès fou dans les salons de coiffure. Elle a réussi à populariser le style marginalisé de Fefe Dobson en y ajoutant une touche glamour. On peut dire que Rihanna n’en a fait qu’à sa tête puisque son look ne cesse d’évoluer. La coupe qu’elle porte fièrement sur la couverture du magazine Vogue (édition Septembre 2009) n’a rien avoir avec le nouveau style qu’adopte Fefe, cheveux mi-longs pour un style toujours désordonné.

Sur les sites américains, la tension entre supporteurs de Rihanna et pro-Fefe Dobson étaient déjà très palpable avant qu’une récente entrevue avec Honey ne rajoute de l’huile sur le feu.

Interrogée sur le soudain changement de style de son ex-collègue, Fefe Dobson se veut prudente même si elle ne mâche pas ses mots. Non seulement l’interprète de « Take Me Away » s’en sort avec finesse, mais elle en et en profite plutôt pour accentuer leurs différences.

« C’est juste que ça va un peu trop loin quand elle se fait tatouer la même chose que moi. Mais en général j’aimerais que les gens fassent la différence entre l’image et la musique. »

Le reste de l’entretien révèle également quelques détails intéressants sur l’évolution de Fefe en tant qu’artiste mais également sur son statut d’artiste rock, peu commun chez les artistes noires.

Jugez par vous même. L’intégrale de l’interview.

Honey: Comment définirais-tu ton style musical?
Fefe Dobson: C’est une fusion. J’ai été influencée par tellement d’artistes aux styles différents que je ne sais pas dans quelle catégorie on pourrait me mettre. Il y a de la guitare ce qui en fait du rock mais les mélodies font pop parce qu’elles sont répétitives. Pour moi c’est juste de la musique.

As-tu grandi avec l’idée de devenir une star de rock ou tu voulais juste faire de la musique?
J’aime le Rock&Roll. Il y avait une tonne de différents genres musicaux à la maison. Ma mère mettait du Lionel Richie, les Bee Gees et Michael Jackson était en force à la maison. Mais ma sœur faisait jouer des chansons du style Nirvana et les Guns and Roses. J’ai plus gravité autour des trucs de ma sœur. J’aime les guitares. Il y a tellement de colère, d’agression et de passion qui se dégage d’une guitare. C’est fou!

Le Rock&Roll et le hip-hop sont très similaires. C’est très politisé. C’est plein de passion et très souvent ça crache la vérité. C’est rebelle. Ça devient branché mais c’est apprécié. Quand j’ai commencé je n’ai pas été très bien accueillie, vu que je suis une noire qui fait du rock and roll. Mais maintenant les choses ont changé, les gens sont plus ouverts. Au début je me faisais dire tout le temps, ‘Tu penses que vraiment que ca va marcher – une noire qui fait du rock?’

Il ya avait-il une quelconque rivalité entre toi et Avril?
Je dois avouer que j’étais très jalouse d’elle. Tout marchait à merveille pour elle alors que les choses étaient dures pour moi. Et puis on a commencé à se parler et on a fini par devenir amies alors je me suis calmée. Je n’étais pas vraiment paranoïaque.

A l’époque avais-tu l’impression que c’était plus facile pour elle parce qu’elle est blanche?
Je ne sûre pas sure que tout reposait sur le fait d’être noire ou blanche parce que d’autres filles aussi ont eu des problèmes. Avril était la première fille à lancer le mouvement. Tout le monde se battait pour donner le ton. Je ne sais pas si ça avait rapport avec la couleur de ma peau. J’espère que non.

Comment s’est déroulé la création de l’album Sunday Love?
Dès le départ il y avait beaucoup d’influences musicales et il fallait déterminer quel était le style de Fefe. C’était aussi ma propre période de rébellion. J’avais 20 ans et comme la plupart des jeunes se rebellent contre leur parent, je me rebellais contre mon manager et contre moi-même. J’avais l’impression qu’on ne s’entendait pas sur la direction à prendre et à la fin ça n’avait pas trop l’air de marcher. Je crois que tout le monde le ressentait de la même manière et nous avons sorti un single qui n’a pas tourné. « Don’t Let It Go To Your Head » n’a pas tout de suite fait tilt mais je crois que tout arrive pour une raison.  On a tourné une vidéo qu’on n’a même pas sortie. Ca m’a vraiment embêté à l’époque parce que quand on fait de l’art on a besoin que les autres le voient ou l’entendent. Quand je regarde en arrière, je suis contente que ça n’ait pas marché. Je crois que ça ne montait pas sous mon meilleur jour.

Étais-tu dévastée ou tout simplement déçue.
Je suis passée par toutes les étapes, d’abord dévastée et ensuite déçue. Je suis rentrée à Toronto et je me suis assise un moment. Ensuite, je me suis décidée à écrire avec des amis pour faire un nouvel album coûte que vaille.

Es-tu partie en tournée pour cet album (Sunday Love)?
On a fait donné pas mal de spectacles. L’album a figuré dans certains magazines et a obtenu des critiques favorables. Malgré ça je me suis remise à écrire avec quelqu’un d’autre. J’écoutais plus de musique et je me suis ouverte à d’autres genres. J’ai évolué; c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.

Quand t’es tu rendue compte que tu voulais tout recommencer et te donner à fond dans un troisième album?
Je l’ai toujours sur même quand LA et moi on s’est séparés. Je ne me suis jamais dit que [la musique] c’était quelque chose que je ne pouvais plus faire. Je n’ai jamais dit un truc pareil. J’ai dit beaucoup de bêtises mais jamais un truc comme ça. Si c’est vraiment ta passion il faut que tu te relèves et que tu la vives.

Comment ta musique a t-elle évoluée?
J’aime m’amuser et ça passe par là. Cette fois c’est vraiment un album que je peux écouter. J’ai eu du mal à écouter mon premier album. J’y avais abordé des sujets émouvants comme sur la chanson « Unforgiven, » qui parlait de mon père. Maintenant j’ai envie de me réjouir.

Tu as eu ton premier contrat avec Jive?
C’était avec Zomba Records, qui est affiliée à Jive. Ils m’ont offert un contrat quand j’avais 15 ans, mails ils voulaient faire de moi la prochaine ‘Brandy Spears’- comme ils le disaient si bien. Noire comme Brandy, pop pour [Britney] Spears. J’ai dit non. C’était une grosse opportunité qui s’ouvrait à moi et ils voulaient me donner de l’argent; ma famille n’en avait pas. Pouvoir soutenir ma famille à 15 ans c’était quelque chose – c’était dur de refuser mais je savais que ma carrière serait finie avant d’avoir commencée.

Qu’as-tu pensé de la reprise que Jordin Sparks a fait de ta chanson “Don’t Let It Go To Your Head” sur son dernier album?
Je n’en savais rien jusqu’à ce que la chanson soit enregistrée. Elle a dit des choses sympas sur moi à MTV. C’était tellement gentil. C’est bien qu’elle en ait fait une version plus urbaine, plus R&B. Ça ne fait pas du tout rock ou dans le genre. C’était une version complètement différente, donc je me suis dit ‘OK cool’. Elle n’a pas essayé d’en faire une réplique exacte.

Essaies-tu de lancer cet album indépendamment, sans l’appui des grands labels ?
Mon manager a lancé un label; ce dont il a toujours rêvé. C’est mon premier manager et ça fait huit ans qu’on travaille ensemble. Il n’y a pas beaucoup de gens qui peuvent s’en vanter. Je lui fais totalement confiance et c’est réciproque. La loyauté est très importante à nos yeux. Je voulais être la première artiste signée dans sa maison de disques et ce fût le cas. Son label s’appelle 21 Music et c’est hors du Canada. Il me connait, il me fait confiance sur le plan musical. Au niveau formation, il m’a accordé le feu vert.

Il faut avoir du cran quand même, de ne pas avoir tout une énorme machine dont les plus gros labels savent se munir. Est-ce que ça fait peur?
Non, ce n’est pas le cas. C’est drôle parce qu’on parlait de trouver des CDs l’autre jour et comment les plus grosses maisons de disques comme FYE en passant par Towers et Virgin ont disparu. Maintenant c’est la musique indépendante qui prend la relève dans l’industrie musicale. Je crois en Chris, Je crois en son label et je crois en toute personne rattachée à ce label. Et si un de ses grands labels veut s’impliquer et qu’il a la même vision que Chris, on est ouverts. Par contre, on ne veut personne qui va ralentir notre progression.

Tu as déjà été sous Def Jam le même label que Rihanna, pas vrai?
Def Jam m’a signé en premier, c’était en 2003. Je crois bien qu’elle est arrivée en 2005.

Alors que s’est-il d’abord passé quand tu as quitté le  label?
C’était une « incompatibilité musicale ».  C’était une séparation volontaire, d’un commun accord. Les choses n’ont pas marché comme on voulait et il était temps qu’on se sépare pour que je puisse créer de nouveaux trucs. Est-ce que Rihanna fait du Rock&Roll?  Je ne sais pas. Je veux dire par là que c’est un terme vague [le Rock&Roll].

En fait, sa carrière n’a joué aucune incidence sur la tienne?
Je n’avais plus aucun contact avec tout ça mais les gens font beaucoup de comparaison… un peu partout. À mon avis on n’est pas pareilles. C’est comme le syndrome Avril. Si tu me le demandes, oui on est toutes les deux noires mais on ne fait pas la même musique. Il y a de la guitare dans ses chansons mais qu’est-ce que ça donne au juste? Ce n’est pas la même chose.

C’est là où je voulais en venir. Cette image — aller d’un extrême la reine du reggae/dancehall à un style punk, rock. Les gens disent qu’elle a piqué ton style.
C’est vrai que je me posé aussi la question, comme tout le monde. Apparemment elle est une de mes fans. J’essaie de voir ça comme un compliment. C’est juste que ça va un peu trop loin quand elle se fait tatouer la même chose que moi. Mais en général j’aimerais que les gens fassent la différence entre l’image et la musique. Tout tourne autour de la musique. C’est comme Prince et Michael Jackson : totalement différents. Ou peut-être comme Kanye West et Jay-Z. Et alors? Ils sont tous les deux noirs mais leur son est différent. Ils portent tous les deux des jeans mais ils sont différents. Et pourquoi vouloir le même genre d’artistes?

Les gens comparent vraiment votre image.
Pour moi les vêtements c’est une expression de soi. Pas besoin de perdre la tête ou quoi. Il faut juste mettre ce que tu veux.

Ça se voit quand c’est artificiel et quand c’est authentique.

Tout à fait d’accord. J’ai quand même un truc à ajouter, ses chansons sont bien écrites. Je sais que  Ne-Yo écrit pas mal pour elle et il fait du beau boulot mais on est différentes.

Vous vous êtes déjà rencontrées?
Ouais, je l’ai rencontrée à l’époque où elle était la reine d‘une dance hall et qu’elle avait de long cheveux. Elle était gentille mais calme.

Ca t’arrive de regarder les blogues régulièrement? Est-ce que tu utilises Google pour ton nom?
Je veux un compte Google Alert mais je ne sais pas comment en créer un. Je lis quelques trucs mais je n’ai pas de câble et je n’écoute pas vraiment les émissions de radio sauf si c’est du rock classique. Je ne regarde pas le câble. Vu que je produis de la musique je n’ai pas envie de me laisser influencer par le style commercial. Je veux produire des sons un peu comme une ermite.

Tu vis toujours à la maison?
J’ai quitté la maison à 16 ans quand je suis allée à New York. Depuis, je ne suis pas retournée.

Alors ta base c’est à Toronto et tu as un appartement là-bas. As-tu un copain?
Oui j’ai un copain qui est super. Je l’aime vraiment. On vit ensemble à Toronto.

Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble?
Il y a quatre ans, on a été ensemble pendant un an et demie et après on s’est séparé quand il est allé vivre au Québec. Quatre ans plus tard on s’est retrouvés à Toronto. Il était avec quelqu’un d’autre et moi aussi mais on est retombés amoureux. Comme si on ne s’était jamais séparés. Comme si on avait oublié les quatre dernières années.

Donc vous avez passé plus de temps l’un sans l’autre qu’ensemble?
Ouais, on s’est séparé et on s’est retrouvé et depuis on ne peut plus vivre séparé.

Ça fait combien de temps que vous êtes remis ensemble?
Ça fait seulement quatre mois; c’est très récent.

Est-ce qu’il prenait de tes nouvelles malgré votre rupture?
En fait c’était mon bassiste et je l’avais viré.

Donc vous étiez ensemble quand il jouait dans ton groupe?
Ouais et c’était dure parce qu’on s’est séparé en même temps que j’ai quitté le label. Et ça m’a cassé. Je ne pouvais pas lui donner ce qu’il attendait de moi parce que j’étais cassée.

Est-ce qu’il va revenir dans ton groupe?
Je ne sais pas. C’est vraiment dur de mélanger les affaires et le plaisir. En ce moment on veut juste se concentrer sur notre relation sans que le business interfère.

C’est très romantique comme histoire? Il a quel âge?
Il a  21 ans et grâce à lui je crois à l’amour. Honnêtement c’est que je pense du label aussi. Quand tu perds quelque chose, ça te permet de mieux l’apprécier. Je suis mieux avec lui.

Propos recueillis par Shanel Odum
Traduit par: hibiscus jaune